La caserne Barbot à Metz

Le 146ème Régiment d'Infanterie de Forteresse

Association des Guides du Bambesch · 2026
Poste de garde de la caserne Barbot à Metz, demeure du 146ème R.I.F. de temps de paix.

Né à Toul à la fin du XIXème siècle, le 146ème Régiment d'Infanterie entre dans la Grande Guerre dès août 1914, essuyant un baptême du feu dévastateur à Frémery avant de s'illustrer en Artois, à Verdun — où il est cité deux fois à l'ordre de l'armée pour faits d'héroïsme — puis en Belgique, où une quatrième citation vient couronner ses combats. Après-guerre, cantonné à Saint-Avold puis à Metz, il se transforme progressivement en régiment de forteresse : à partir de 1933, ses six bataillons occupent par roulement les secteurs fortifiés de Boulay et de Faulquemont. Le 15 août 1935, il est définitivement rattaché au Secteur Fortifié de Faulquemont et prend le surnom de « régiment de Faulquemont », avec pour devise : 146 oblige.

Le 146 est en réalité le régiment-père de toute l'infanterie des Secteurs Fortifiés de Faulquemont et de Boulay, du P.O. de Téting au gigantesque Hackenberg. Ses six bataillons occupent cette large position de frontière jusqu'en 1935, année durant laquelle le régiment est scindé en deux. Tandis que trois des bataillons deviennent le 162ème R.I.F. et s'attachent au S.F. de Boulay, le « nouveau » 146 est affecté au S.F. de Faulquemont et y gagne le très à-propos surnom de « régiment de Faulquemont ».

De ce moment jusqu'à la mobilisation de 1939, le 146 occupe la caserne Barbot, à Metz, et garnit de ses trois bataillons les camps de sûreté proches des ouvrages et de la Ligne Principale de Résistance. Petite revue photographique des officiers présents en temps de paix, sur qui reposa tant l'organisation défensive du terrain que la formation des conscrits amenés, le cas échéant, à être appelés à occuper les ouvrages en cas de conflit.

L'état-major à la caserne Barbot

État-major du 146ème RIF à la caserne Barbot
État-major du 146ème RIF à la caserne Barbot, Metz. Au centre, le colonel Marcel Trinquand, commandant du régiment de temps de paix jusqu'à la mobilisation de 1939. © Association des Guides du Bambesch

À Barbot, on retrouve l'état-major du régiment et les services centraux (musique, compagnie hors rang…). Sur la première photo, on retrouve ainsi, au centre du premier rang, le chef de corps, le colonel Marcel Trinquand (qui conservera ce poste jusqu'à la veille de la mobilisation) entouré de ses principaux officiers supérieurs et subalternes. À sa droite se succèdent le lieutenant-colonel Ernest Prat (futur commandant du 146 de temps de guerre et dont dépendra le P.O. de Téting) et le commandant (et futur lieutenant-colonel) Paul Milon, qui endossera en septembre 1939 le rôle de « patron » du 156ème R.I.F. recréé et chapeautera ainsi les ouvrages du Bambesch, du Kerfent, de l'Einseling et de Téting. À la gauche du colonel se trouve le lieutenant-colonel Pierre Bouet, futur chef de corps du 160ème R.I.F. (dont dépendront notamment le Mottenberg et les quatre ouvrages de Coume). Troisième en partant de la droite au second rang se trouve un homme au destin particulier ; il s'agit du lieutenant Eugène Moucheboeuf, officier des détails du régiment qui brûlera, la mort dans l'âme, le drapeau du 156ème R.I.F. au soir du 20 juin 1940 dans la forêt de Padoux pour éviter que l'ennemi ne s'en empare.

Le 1er bataillon au camp de Téting

Officiers du 1er bataillon au camp de Téting
Officiers du 1er bataillon du 146ème RIF au camp de Téting. Au centre, le lieutenant-colonel Ernest Prat, chef de corps du 146 de temps de guerre dès septembre 1939. © Association des Guides du Bambesch

Au camp de Téting se trouve avant-guerre le 1er bataillon du 146ème R.I.F., dont les officiers d'active formeront le noyau du régiment de temps de guerre. On en retrouve une partie sur la seconde photo, entourant le lieutenant-colonel Prat. Parmi les visages marquants, celui du capitaine Roger Mascle (au premier rang, deuxième en partant de la droite), qui perdra une jambe suite à un bombardement allemand pendant la retraite de juin 1940, le lieutenant Pierre Buchoud (à droite du dernier rang) qui s'illustrera au sein du corps franc du S.F.F. et dont on aura l'occasion de reparler, ou encore le lieutenant Jean Pichavant (à gauche en tenue claire, debout sur la première marche) qui commandera le P.O. de Téting jusque courant 1940.

Le 2ème bataillon au camp de Zimming

Officiers du 2ème bataillon au camp de Zimming
Officiers du 2ème bataillon du 146ème RIF au camp de Zimming. Au centre du premier rang, la haute silhouette du lieutenant-colonel Paul Milon, chef de corps du 156ème R.I.F. reconstitué lors de la mobilisation de septembre 1939 à partir de son noyau d'active, le 2ème bataillon du 146. © Association des Guides du Bambesch

Au camp de Zimming, c'est le deuxième bataillon qui a ses quartiers. La troisième photo nous permet de découvrir les visages de nombre d'officiers qui s'illustreront en 1940, entourant l'alors commandant Paul Milon. On y reconnaît notamment le capitaine (et futur commandant) Adolphe Bilbaut, qui commandera pendant la guerre le deuxième bataillon du 156 dont dépendait le Bambesch (premier rang, troisième en partant de la droite). Au second rang se trouvent trois commandants d'ouvrages qui connaîtront l'épreuve du feu en juin 1940, le sous-lieutenant Albéric Vaillant (P.O. de l'Einseling, premier en partant de la droite), et les lieutenants André Pastre (P.O. du Bambesch, troisième) et Georges Broché (futur capitaine et commandant du Kerfent, sixième).

Le 3ème bataillon au camp du Ban-Saint-Jean

Officiers du 3ème bataillon au camp du Ban-Saint-Jean
Officiers du 3ème bataillon du 146ème RIF au camp du Ban-Saint-Jean. Au centre, le chef de bataillon Charles Pacaud, commandant du 2ème bataillon du 160ème R.I.F. de temps de guerre. © Association des Guides du Bambesch

Enfin, au camp du Ban-Saint-Jean est établi le troisième bataillon. La quatrième et dernière photo nous montre nombre de cadres qui formeront le 160ème R.I.F. pendant la guerre : le commandant Charles Pacaud (futur chef du 2ème bataillon du 160) au centre, le lieutenant Pierre Cloarec (tout à gauche du premier rang), commandant du Mottenberg avec le capitaine Maurice Faucoulanche (commandant de la Compagnie d'Équipages d'Ouvrages et de l'Annexe Sud de Coume) à ses côtés, ou encore le lieutenant Jean Soubrier (deuxième à droite du second rang), commandant du P.O. de Coume.

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